Chronique

28 avril 2020

Distribution des masques à la population : par qui ? A quel prix? Comment ?... Pour qu’enfin les choses soient claires !

Suite aux annonces récentes des pouvoirs publics, le masque va finir par intégrer la panoplie des dispositifs-barrières… Mieux vaut tard que jamais ! Mais à moins de deux semaines du dé-confinement, rien n’est simple pour les particuliers, pour les acteurs locaux ou pour les entreprises devant protéger leurs employés.

Rappelons qu’il y a au moins deux types de masques : des masques chirurgicaux, jetables, et des masques dit « alternatifs », en tissu, lavables donc réutilisables.

Et des enjeux de taille. Il nous faut :

  • Avoir des fournisseurs de masques chirurgicaux fiables, donc répondant à des normes connues, notamment dans le but de lutter contre le marché noir et la contrefaçon ;
     

  • Disposer de normes simples – et sur un temps court – pour les masques « alternatifs » et savoir quelles informations il convient de fournir aux consommateurs, notamment en termes de niveau de protection et de conseils d’utilisation ;
     

  • Définir un circuit de distribution fiable : pharmaciens d’officine, collectivités, grandes surfaces, bureaux de tabac…et évaluer les conséquences d’une distribution multicanaux pour ce qui est de la traçabilité des fournisseurs, donc de la fiabilité des produits ;
     

  • Statuer sur la gratuité des masques : pour qui ? Par quel canal de diffusion dans ce cas ? Avec quels conseils sur la manipulation et sur les gestes barrières (dont l’association masques – lavage des mains – usage du gel hydro-alcoolique) ? Denrée rare ou largement diffusé, voire rendu obligatoire, le masque n’est pas la solution magique.

 

Faisons preuve de pragmatisme : référençons les fournisseurs fiables et les arnaques connues (collaboration ANSM/DGCCRF notamment) et rendons l’information accessible ; appuyons-nous en priorité sur le réseau officinal (22 000 officines) pour la dispensation, afin que celle-ci soit associée à une information de qualité sur l’utilisation du produit ; élaborons des supports pédagogiques en ce sens ; encadrons le prix des masques ; coordonnons la distribution gratuite à l’initiative des collectivités locales et la dispensation en officine.

A quelques jours du dé-confinement, la population et les professionnels de santé ont besoin de messages clairs et cohérents. Il y a urgence.

Nous avons la chance d’avoir une société civile réactive, débordant de ressources : elle l’a prouvé à travers la fabrication de masques alternatifs ou de solutions hydro-alcooliques en officine, ou encore par la mobilisation des laboratoires de ville pour réaliser les tests. Laissons-lui l’initiative.

Au fond, comment alimenter cette mobilisation mais sans les entraves d’une administration peu outillée, coincée dans des procédures que nous pouvons largement considérer comme hors d’âge ? Il faut pour cela un changement culturel profond : associer acteurs publics et privés aux processus décisionnels, prendre des risques, savoir communiquer et enfin, message à l’attention des pouvoirs publics, comprendre que rien ne sert de « décider » si l’intendance ne suit pas…

Hélène Berrué, pharmacien d'officine

Logo LISA 72 dpi.jpg
  • Black Twitter Icon
  • Black Facebook Icon
  • Noir LinkedIn Icône

© 2019 par Lisa